Travail parlementaire

01/11/2014

L'analyse de l'approvisionnement en électricité

Lors de son audition en commission le 3 septembre 2014, les responsables d'Elia ont développé leur "estimation probabiliste" conduisant à estimer que si les centrales actuellement à l'arrêt devaient le rester, il y aurait - dans un scénario moyen - 20 jours de coupures de 2 à 3 heures en soirée (30 à 40 jours de coupures de maximum 4 heures dans un scénario avec hiver rude). Le débats ont toutefois mis en exergue que ces estimations étaient toutes basées sur une réalisation à 100% de notre capacité d'importation. 1. Quelle garantie avons-nous que cette capacité maximale soit une réalité en cas de besoin avéré? 2. Y a-t-il des clauses dans les contrats qui transforment cette capacité en garantie d'approvisionnement? 3. Si tel n'est pas le cas, envisagez-vous de demander à Elia de refaire une estimation plus réaliste du risque de délestage? 4. Quel nombre de jours (et d'heures) de coupures pouvons-nous prévoir dans le modèle probabiliste si cette capacité est réduite par exemple à 2.500 MW?

 

1. Les calculs effectués par Elia ont pris en compte une série d'hypothèses pour estimer le nombre d'heures pendant lesquelles la demande d'électricité ne serait pas rencontrée par les productions et importations d'électricité pendant l'hiver 2014-2015. Une des données prises en compte pour effectuer le calcul probabiliste est le montant de la capacité d'importation d'électricité par la Belgique en provenance de l'étranger. Sur ce point, il faut rappeler qu'Elia met à la disposition des acteurs du marché son réseau avec un capacité d'importation commerciale maximale fixée à 3.500 MW. Elia ne détermine cependant pas elle-même les échanges commerciaux qui transitent sur son réseau. Seuls les acteurs du marché ont la faculté d'utiliser cette capacité en fonction des contrats qu'ils négocient. Il n'y donc pas de garantie, qu'en cas de pénurie, les importations d'énergie atteignent automatiquement ce maximum, compte tenu du fait que les transactions sont liées au fonctionnement du marché et aux contrats conclus entre acteurs de marché. Il est également utile de rappeler que les responsables d'équilibres seront très fortement incités à conclure des contrats pour assurer leurs engagements d'équilibre, étant donné la fixation du tarif de déséquilibre à 4.500? en cas de déficit structurel et l'activation des réserves stratégiques. Ceci devrait donc assurer que même lorsque le prix de l'électricité atteint sur les marchés est très élevé, les responsables d'accès ("access responsible party" - ARP) continueront à conclure des contrats pour répondre à une demande d'électricité sur le marché belge. Bien évidemment, l'énergie doit toujours être disponible dans les autres pays pour que les responsables d'équilibres puisse l'importer vers la Belgique. 2. Il n'existe pas, à ma connaissance, de telles clauses transformant la capacité en garantie d'approvisionnement. Toutefois, comme je le rappelle plus haut,, les dispositions prises en matière de tarifs de déséquilibre tendent très fortement à garantir l'approvisionnement en tous temps, y compris lorsque les prix atteints sur les bourses sont très élevés. 3. En tant que ministre de l'Energie, je m'en tiens aux estimations faites par le gestionnaire de réseau de transport pour l'hiver 2014-2015 qui a déjà fait plusieurs calculs en fonction des problèmes des centrales nucléaires et des mises sous cocon de plusieurs centrales thermiques. Au surplus, les estimations envisagent déjà deux hypothèses, l'une d'une situation qualifiée de normale, l'autre postulant des conditions météorologiques plus extrêmes. Ce calcul probabiliste tient déjà compte de manière réaliste mais non alarmiste des composantes du marché et de son contexte régulatoire en vigueur pour cet hiver. 4. Il n'est pas envisagé de demander un calcul pour ce niveau de capacité (voir la réponse à la question 3).

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