Travail parlementaire

02/04/2015

Le potentiel en matière de gestion de la demande (QO 2318)

Une gestion de la demande est un paramètre fondamental pour réduire les besoins de production pendant les moments de pic de la demande. J'aimerais que vous puissiez faire le topo de la situation en Belgique. 1. Quel est le portefeuille actuel en terme de "gestion de la demande" et quels sont les mécanismes qui y contribuent? 2. a) Avez-vous connaissance de l'étude de Sia Partners qui selon le journal l'Echo du 22 janvier 2015 évalue ce potentiel à 1.560 MW (43% venant du secteur industriel, 23% du secteur tertiaire et 34% du secteur résidentiel)? b) Que pensez-vous de cette étude? c) Pouvez-vous la communiquer à la commission?

 

Je ne suis pas en possession de l'étude réalisée par Sia Partners, mais des contacts établis avec des agrégateurs montrent que le potentiel en matière de réduction de la demande est significatif et serait au-delà de 1000 MW. À cet égard, je tiens à rappeler à l'honorable membre, que l'étude réalisée par ELIA en partenariat avec la fédération belge des industriels a fait apparaître un potentiel de 631 MW rien qu'au niveau des grands industriels. La gestion de la demande au niveau du secteur tertiaire et résidentiel présente un potentiel important, mais qui implique de mettre en place davantage d'intelligence au niveau des réseaux. Il s'agit là d'une compétence régionale. Néanmoins, la gestion de la demande est de plus en plus présente. Ainsi, actuellement, la réduction de la demande intervient pour un volume de 321 MW en réserve tertiaire, à savoir 221 MW en R3 ICH émanant de clients industriels interruptibles et 100 MW en R3 DP émanant principalement d'agrégateurs au niveau de la gestion de la demande au niveau de la distribution. Aussi, pour l'hiver 2014-2015, 100 MW de gestion de la demande ont été contractés dans le cadre de la réserve stratégique. Aussi, à ma demande, Elia a demandé aux différents fournisseurs la possibilité d'offrir pour la période allant du 1er janvier 2015 au 31 mars 2015 les volumes de réserve tertiaire non sélectionnés pour 2015 dans le cadre des services auxiliaires et ce, en vue de contracter -à titre exceptionnel- un volume additionnel aussi grand que possible. C'est ainsi qu'un volume complémentaire, pour couvrir la pointe de consommation, de 133 MW pour la période de novembre 2014 à décembre 2014 et de 174 MW pour la période de janvier à mars 2015 a été retenu et contracté pour faire face à une éventuelle pénurie cet hiver. En moyenne, la réduction de la demande contractée à ce jour est de 580 MW. Enfin, pour l'hiver 2015-2016 et l'hiver suivant, en cas d'absence de Doel 3 et Tihange 2, 2750 MW représentent le besoin supplémentaire de réserve stratégique exprimé. Conformément à l'arrêté ministériel du 15 janvier 2015, 2250 à 2450 MW seront en concurrence entre la production et la réduction de la demande. Par ailleurs, je tiens également à mentionner que les responsables d'équilibre (ARP) ont dans leur portefeuille des contrats de réduction de la demande qu'il m'est difficile, à ce jour, de chiffrer. Pour le surplus, je tiens à rappeler qu'un avant-projet de loi portant des dispositions diverses en matière de sécurité d'approvisionnement sur le plan énergétique a été adopté par le Gouvernement pour encourager les ressources portant sur la demande telles que les effacements de consommation. L'avant-projet de loi comporte ainsi une ligne directrice tarifaire électricité et une ligne directrice tarifaire gaz visant à supprimer les incitations en matière de transport qui pourraient faire obstacle à la participation des effacements de consommation. Enfin, l'avant-projet de loi confie à la CREG (Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz) une mission générale d'encouragement de la gestion de la demande et de participation de cette dernière aux marchés.

Me suivre sur la toile