Travail parlementaire

02/02/2015

Le problème de communication lié à un incident dans le périmètre de la centrale nucléaire de Tihange

Jean-Marc Nollet (Ecolo-Groen): Monsieur le président, monsieur le ministre, le 12 novembre 2014, une importante déflagration en provenance de la centrale nucléaire de Tihange a provoqué un certain émoi au sein de la population riveraine du site. Certains habitants craignant un potentiel incident majeur ont alerté la police. Il semblerait que l'explosion d'un groupe électrogène soit à l'origine de cette alerte.

Monsieur le ministre, pourriez-vous me confirmer cette information et me préciser la nature exacte des faits? N'est-il pas interpellant, voire inquiétant que ce genre d'incident se produise sur un site nucléaire?

Suite à de nombreux appels, le centre de communication de police intégrée de Liège a pris contact avec la zone de police de Huy. Ensuite, cette dernière aurait alors téléphoné au responsable de sécurité du site nucléaire de Tihange. Il semblerait qu'aucun élément d'explication quant à la nature des faits n'ait pu être communiqué à la zone de police locale.

Vous comprendrez aisément que cet incident pose de lourdes questions quant à la sécurité du site, la façon dont la sécurité est gérée, mais aussi quant à la gestion de l'information.

Monsieur le ministre, pourriez-vous me rappeler quelles sont les procédures qui sont mises en place dans le cadre d'un incident de ce type, notamment en termes d'information? Dans le cas de l'incident que je viens de détailler, pourquoi la police n'a-t-elle pas été informée par le responsable de sécurité du site de la nature exacte de l'incident? Un rapport vous a-t-il été communiqué par votre administration? Pourriez-vous m'en détailler le contenu? Qu'en est-il de la responsabilité du gestionnaire? Quelles mesures avez-vous prises afin d'éviter un nouvel écueil du même type?

 

 

Jan Jambon, ministre: Monsieur le président, cher collègue, une explosion dans un site nucléaire n'est heureusement pas un événement quotidien.

Cela dit, l'AFCN a élaboré une directive dans laquelle elle demande aux opérateurs d'informer immédiatement les services compétents dans le cas d'un tel événement.

Les autorités de sûreté nucléaire (l'AFCN et Bel V) ont été averties le 12 novembre vers 21 h 40, conformément à la directive précitée, qu'une d'explosion avait eu lieu hors zone nucléaire, au niveau de la cheminée d'échappement des gaz de combustion d'un groupe diesel de Tihange 2 vers 18 h 40 le même jour. L'AFCN et Bel V n'ont donc été averties que trois heures après l'explosion, ce qui est anormalement long au regard du concept de notification immédiate applicable pour de tels événements.

Les différentes autorités compétentes, à savoir le Centre de crise, le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, le bourgmestre de Huy et le gouverneur de la province de Liège ont été avertis au même moment, à savoir vers 21.50 heures. J'ajoute que la confirmation écrite de cette notification n'a été reçue que le lendemain à midi.

Bel V a mené un contrôle réactif le 13 novembre et l'AFCN s'est rendue sur place le 14 novembre. Cette dernière a envoyé un courrier à l'exploitant dans lequel elle lui demande notamment une analyse des causes profondes de cet événement ainsi qu'une explication détaillée du dysfonctionnement de la communication, à savoir le retard de notification et la confirmation tardive de l'information.

Une fois tous les éléments rassemblés – ce qui n'est pas encore le cas –, l'AFCN et Bel V comptent effectuer une inspection de suivi pour évaluer tous les éléments présentés par Electrabel ainsi que le plan d'action futur qui visera à empêcher qu'un tel événement ne se produise.

Selon mes dernières informations, l'inspection de suivi pourrait encore se faire durant ce mois-ci.

Jean-Marc Nollet (Ecolo-Groen): Monsieur le président, je remercie le ministre pour sa réponse très complète.

Je distingue l'événement en lui-même de la communication et de la gestion de la communication. Manifestement, vous avez les premières explications mais on attend encore le rapport complet. Cela s'est passé dans la partie non nucléaire et il y a peut-être eu d'autres choses plus inquiétantes récemment. Je ne développerai pas ce point davantage, je souhaite attendre le rapport fin janvier pour vous réinterroger.

En ce qui concerne la gestion de la communication, il y a eu une déflagration sur un site nucléaire, ce qui est particulièrement interpellant pour les riverains, mais les premiers services n'ont été informés qu'à 21 h 40, soit trois heures après! Je vous demande d'être particulièrement attentif à ce volet.

L'incident qui a eu lieu quelques semaines après a été mieux géré au point de vue de l'information. Peut-être a-t-on tiré les leçons du premier événement?

Il n'est pas évident, pour les bourgmestres des communes avoisinantes, de gérer l'inquiétude de la population pendant trois heures sans savoir ce qu'il se passe.

Vous dites que le bourgmestre de Huy a été informé à 21 h 50. Très bien.

Il se fait que la centrale se situe à proximité immédiate d'une commune voisine, à savoir Amay, qui est parfois davantage gênée par le bruit que Huy, commune qui abrite effectivement la centrale. Pourriez-vous également veiller à ce que les bourgmestres voisins puissent également être directement informés? Ceci dit, entre bourgmestres, l'information peut parfois circuler plus vite que les trois heures qui ont été perdues dans le cas qui nous occupe. Ce serait bien que l'information puisse être donnée de manière plus efficace. Votre rapport sur ce point m'intéressera aussi, mais je reviendrai vers vous une fois que vous serez en possession de l'ensemble des éléments, début février probablement.

Het incident is gesloten. L'incident est clos. 

 

02/02/2015

Le problème de communication lié à un incident dans le périmètre de la centrale nucléaire de Tihange

Jean-Marc Nollet (Ecolo-Groen): Monsieur le président, monsieur le ministre, le 12 novembre 2014, une importante déflagration en provenance de la centrale nucléaire de Tihange a provoqué un certain émoi au sein de la population riveraine du site. Certains habitants craignant un potentiel incident majeur ont alerté la police. Il semblerait que l'explosion d'un groupe électrogène soit à l'origine de cette alerte.

Monsieur le ministre, pourriez-vous me confirmer cette information et me préciser la nature exacte des faits? N'est-il pas interpellant, voire inquiétant que ce genre d'incident se produise sur un site nucléaire?

Suite à de nombreux appels, le centre de communication de police intégrée de Liège a pris contact avec la zone de police de Huy. Ensuite, cette dernière aurait alors téléphoné au responsable de sécurité du site nucléaire de Tihange. Il semblerait qu'aucun élément d'explication quant à la nature des faits n'ait pu être communiqué à la zone de police locale.

Vous comprendrez aisément que cet incident pose de lourdes questions quant à la sécurité du site, la façon dont la sécurité est gérée, mais aussi quant à la gestion de l'information.

Monsieur le ministre, pourriez-vous me rappeler quelles sont les procédures qui sont mises en place dans le cadre d'un incident de ce type, notamment en termes d'information? Dans le cas de l'incident que je viens de détailler, pourquoi la police n'a-t-elle pas été informée par le responsable de sécurité du site de la nature exacte de l'incident? Un rapport vous a-t-il été communiqué par votre administration? Pourriez-vous m'en détailler le contenu? Qu'en est-il de la responsabilité du gestionnaire? Quelles mesures avez-vous prises afin d'éviter un nouvel écueil du même type?

Jan Jambon, ministre: Monsieur le président, cher collègue, une explosion dans un site nucléaire n'est heureusement pas un événement quotidien.

Cela dit, l'AFCN a élaboré une directive dans laquelle elle demande aux opérateurs d'informer immédiatement les services compétents dans le cas d'un tel événement.

Les autorités de sûreté nucléaire (l'AFCN et Bel V) ont été averties le 12 novembre vers 21 h 40, conformément à la directive précitée, qu'une d'explosion avait eu lieu hors zone nucléaire, au niveau de la cheminée d'échappement des gaz de combustion d'un groupe diesel de Tihange 2 vers 18 h 40 le même jour. L'AFCN et Bel V n'ont donc été averties que trois heures après l'explosion, ce qui est anormalement long au regard du concept de notification immédiate applicable pour de tels événements.

Les différentes autorités compétentes, à savoir le Centre de crise, le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, le bourgmestre de Huy et le gouverneur de la province de Liège ont été avertis au même moment, à savoir vers 21.50 heures. J'ajoute que la confirmation écrite de cette notification n'a été reçue que le lendemain à midi.

Bel V a mené un contrôle réactif le 13 novembre et l'AFCN s'est rendue sur place le 14 novembre. Cette dernière a envoyé un courrier à l'exploitant dans lequel elle lui demande notamment une analyse des causes profondes de cet événement ainsi qu'une explication détaillée du dysfonctionnement de la communication, à savoir le retard de notification et la confirmation tardive de l'information.

Une fois tous les éléments rassemblés – ce qui n'est pas encore le cas –, l'AFCN et Bel V comptent effectuer une inspection de suivi pour évaluer tous les éléments présentés par Electrabel ainsi que le plan d'action futur qui visera à empêcher qu'un tel événement ne se produise.

Selon mes dernières informations, l'inspection de suivi pourrait encore se faire durant ce mois-ci.

 

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