Travail parlementaire

02/04/2015

L'évaluation du nombre de jours de délestage potentiel.

Dans le journal l'Echo du 22 janvier 2015, votre cabinet avertit du fait que "si les conditions avaient été similaires à celles de l'hiver 2010-2011, nous aurions déjà connu en décembre et en janvier 25 jours de délestage". 1. Pourriez-vous nous donner le détail du calcul amenant à ce résultat? 2. Par ailleurs, quelle est à ce jour l'estimation, réalisée sous hypothèses, du nombre de jours de délestage pour l'hiver prochain?

 

Je tiens à préciser à l'honorable membre que ma réponse a sans doute été mal comprise dans la mesure où j'ai voulu attirer l'attention sur le fait que nous étions pour l'instant structurellement dépendants des pays voisins et que dans l'hypothèse où ces derniers cessaient d'être exportateurs, notre pays aurait, si les conditions avaient été similaires à celles de l'hiver 2010-2011, pu connaître en décembre et en janvier derniers plusieurs jours de délestage. En effet, l'hiver 2010-2011 a été très froid, certains jours les températures ont chuté pour atteindre dans certaines parties du pays -14° C, même la Côte est restée gelée en permanence à certains moments. La comparaison qui a été effectuée a donc été très succincte. Celle-ci s'est limitée à la différence entre la consommation et la capacité de production belge avec l'hypothèse que les pays voisins cessent d'être exportateurs. L'objectif de cet exercice était de montrer que le parc de production belge n'était à lui seul pas suffisant pour couvrir le pic de demande en électricité, compte tenu de la puissance installée et disponible sur notre territoire, et dans l'hypothèse où nos pays voisins avaient cessé d'être exportateurs. Heureusement, le redémarrage de Doel 4, les conditions météorologiques favorables (absence de vague de froid généralisée), la disponibilité du parc de production avec maintenance optimisée sans arrêt significatif et la grande capacité de production (dont l'éolien) ont réduit le risque de pénurie pour la période hivernale écoulée. De ce fait, l'activation du plan de délestage n'a, à ce jour, pas été nécessaire afin de maintenir l'équilibre du réseau électrique. Je tiens également à rappeler à l'honorable membre que, sur base des analyses probabilistes réalisées par le gestionnaire du réseau de transport, Elia, dans le cadre de la détermination des volumes pour la réserve stratégique, plusieurs estimations du LOLE (le nombre d'heures prévues pendant lesquelles la charge ne pourra pas être couverte par l'ensemble des moyens de production à disposition du réseau électrique belge, tenant compte des interconnexions) avaient été réalisées pour cet hiver: - la valeur moyenne de LOLE, correspondant à une moyenne sur toutes les années simulées (qui combinent les aléas); - le 95e percentile de LOLE, permettant de chiffrer une année exceptionnelle (comparable à l'hiver 2010-2011) notamment du point de vue météo. Sur base de ces analyses, Elia avait ainsi évalué, pour cet hiver, le risque de pénurie entre 5 heures et 29 heures en cas de disponibilité de Doel 4 (ce qui est le cas depuis fin décembre 2014) et entre 49 heures et 116 heures si ce réacteur restait à l'arrêt. En d'autres termes, la défaillance d'une unité de production ou d'une ligne à grande capacité peut nous remettre dans une situation équivalente à celle décrite ci-avant à propos de D4 avec les conséquences en heures décrites par ELIA. Plusieurs incertitudes sont à prendre en considération pour l'hiver prochain: - les conditions météorologiques sur la zone CWE (Europe centrale et occidentale) et la capacité d'importation en provenance des pays limitrophes (indisponibilité d'énergie sur le marché CWE); - l'autorisation par l'AFCN de redémarrer les centrales nucléaires de Doel 3 et Tihange 2; - les résultats de l'appel d'offres d'Elia pour le volume complémentaire de réserve stratégique. Il paraît difficile de pouvoir estimer le nombre de jours de délestage attendus pour l'hiver prochain. La publication d'études prévisionnelles sur un niveau européen telles que l'étude "ENTSO-E Winter Outlook" permettra également d'apporter des précisions sur les prévisions de disponibilité d'énergie sur le marché CWE pour l'hiver prochain. Il est important de préciser que le risque de pénurie identifié pour l'hiver 2015-2016 semble plus important que pour l'hiver 2014-2015, compte tenu du volume de réserve stratégique complémentaire nécessaire pour assurer les critères LOLE pour l'hiver 2015-2016.

 

Me suivre sur la toile