Travail parlementaire

08/12/2014

L'information en matière de santé sur internet

Une récente étude de Solidaris met en avant qu'un patient sur deux consulte internet pour obtenir des informations concernant les soins de santé. Après le généraliste, il s'agit de la seconde source d'informations. On assiste parallèlement à une augmentation significative du nombre de plateformes sur internet, plateformes qui visent souvent à parfaire les connaissances et compétences requises pour gérer sa santé. Par ailleurs, l'étude à laquelle je fais allusion montre également que 90% des patients estiment qu'on trouve sur le net des informations fausses ou manipulées. Il me semble donc important que votre administration puisse apporter des garanties aux patients quant à la fiabilité de ces nouvelles plateformes. À côté de démarches crédibles et sérieuses en la matière, il existe des sites douteux qui peuvent porter préjudice à certains patients. 1. Avez-vous pris des mesures afin d'éviter que les patients soient victimes de manipulations? 2. Une série de règles éthiques que les concepteurs s'engageraient à suivre pourraient-elles être édictées? 3. Une concertation avec la Société scientifique de médecine générale a-t-elle été envisagée sur ce point? 4. a) Des normes internationales sur lesquelles votre administration pourrait prendre appui existent-elles? b) Qu'en est-il au niveau des pays de l'Union européenne?

 

1. Dans le domaine de la santé, comme dans tous les autres domaines, il est très difficile de mettre en place un système de contrôle complet et jusqu'au détail de l'information diffusée sur le net. L'ampleur des moyens nécessaires pour mener une politique en matière de cybercriminalité en témoigne à suffisance. La politique de l'autorité fédérale concernant l'information via internet en matière de santé s'axe dès lors davantage sur l'élaboration de sites accessibles au public et diffusant une information fiable et scientifiquement prouvée. Cette politique est réalisée soit de façon directe, par la participation à des initiatives telles que EBMPracticeNet ou la diffusion d'informations sur le site du SPF Santé public (voir notamment ebnursing.be), soit dans le cadre de concertations et collaborations avec des associations de patients, groupes professionnels ou organismes assureurs. 2. Étant donné la dimension internationale d'internet et des réseaux, un contrôle est difficile et quasi impossible. Dans le chef des patients, les administrations ont rappelé à plusieurs reprises dans ses campagnes et sur son site internet qu'il faut aborder les nouveaux outils de communication avec un esprit critique. Elles estiment en effet qu'il faut mettre l'accent sur la responsabilisation et l'éducation des patients. Plus qu'un contrôle d'internet, une meilleure promotion des sites de référence de qualité, une éducation du patient l'incitant à croiser ses sources et à discuter avec son médecin ou pharmacien, ainsi que la promotion de la certification volontaire HON (initiative européenne "Health on the Net Foundation") paraissent aujourd'hui les meilleures réponses qu'on peut fournir en matière d'informations en matière de santé. 3. La SSMG, tout comme bon nombre d'autres associations scientifiques ou professionnelles du secteur de la santé, est partie prenante au développement du site EBMPracticeNet. En outre, bien que non certifiée HON, l'initiative prise par la SSMG est certainement positive puisqu'elle permet aux médecins non familiarisés avec les sites d'information d'y référer en toute confiance mais ce site ne peut évidemment pas prétendre répondre à l'ensemble des questions légitimes que peuvent se poser les citoyens patients. 4. Enfin, l'Union Européenne a récemment organisé une large consultation concernant la santé "mobile" (mobile health). Il en ressort que les États Membres sont aujourd'hui dépourvus face à la mise à disposition de milliers d'applications mobiles relatives à la santé qui ne font pas aujourd'hui l'objet d'une certification préalable bien que , dans un certain nombre de cas, elles puissent être assimilées à des dispositifs médicaux. Étant donné la difficulté de prendre en charge ce problème à un niveau national, la commission s'est engagée à formuler un certain nombre de propositions dans les prochains mois.

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