Travail parlementaire

02/02/2015

L'Institut de radio-éléments de Fleurus. - Bilan du dernier exercice d'urgence.

Le 4 décembre 2014, un exercice simulant un incident au sein de l'Institut de radio-éléments de Fleurus a été mis sur pied. L'objectif était de tester les plans et procédures d'urgence mis en place. 1. J'aimerais connaître le bilan de cette opération et savoir quelles leçons vous en tirez? 2. a) En outre, sachant qu'un tel exercice est mis sur pied tous les deux ans, pourriez-vous préciser dans quelles mesures les recommandations qui ont été formulées par le passé ont été prises en compte le 4 décembre 2014? b) Pourriez-vous me fournir le détail de celles-ci? 3. Quels points ont été, par ailleurs, mis en exergue afin de peaufiner les procédures d'urgences? 4. De manière plus spécifique, j'aimerais savoir dans quelle mesure et par quels biais les riverains immédiats du site sont tenus au courant de la mise sur pied d'un tel exercice?

 

1. Une situation d'urgence radiologique impliquerait de prendre de nombreuses décisions, dans de nombreux domaines, tant pour informer la population, la protéger, assurer la sécurité de la chaine alimentaire, etc. Ces décisions sont fédérales. Leur exécution est assumée par les gouverneurs et bourgmestres impliqués. Il est donc très important de sauvegarder la cohérence des actions posées par rapport aux décisions prises. Un plan d'actions a été dressé après l'incident survenu à Fleurus en 2008. Un Comité directeur, réunissant le Centre de Crise, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire, la Santé publique, l'exploitant, le gouverneur et les bourgmestres, en a suivi la réalisation. Les avancées ont été testées lors de l'exercice. Je tiens en premier lieu à saluer l'implication du gouverneur du Hainaut, de la ville de Fleurus et de la commune de Farciennes. Ces acteurs ont joué leur rôle avec beaucoup d'efficacité au cours de l'exercice. L'exercice IRE 2014 (Institut National des Radioéléments) visait essentiellement à tester l'échange d'informations entre les différentes autorités impliquées (aux niveaux communal, provincial et national). Les différents échanges d'informations qui se sont déroulés tout au long de la journée peuvent être évalués de manière très positive. D'abord parce que les différents acteurs impliqués se rencontrent régulièrement dans le cadre de leurs missions de planification d'urgence. Ensuite grâce à la mise en place pour l'exercice de structures de réponse efficaces: - la réunion de Farciennes et Fleurus au sein d'une même cellule de crise; - la présence d'un officier de liaison communal auprès du gouverneur; - la présence d'un agent de liaison envoyé par le gouverneur en cellule de gestion fédérale. Le soir même, le Centre de Crise national (SPF Intérieur), qui organisait l'exercice, publiait sur son site Web les premières impressions des différents acteurs impliqués. L'alerte fictive de la population et des média a également été testée avec succès. Comme expliqué plus haut, il ne s'agit ici que d'un aperçu des premières impressions, issu d'un premier retour, de certains services impliqués dans l'exercice du 4 décembre (2014). Les autres acteurs transmettront prochainement les constats qu'ils ont pu faire grâce à l'exercice. Une analyse plus approfondie sera ensuite réalisée dans les prochains mois. Elle permettra de mettre en évidence les points à améliorer. Le souci étant de faire progresser de manière continue la capacité des autorités à protéger et informer la population en cas de situation d'urgence radiologique. 2. a) L'exercice IRE organisé en 2012 se limitait à tester les interactions entre l'exploitant (IRE), la cellule d'évaluation et la cellule de gestion de crise. Le dernier exercice IRE méthodologiquement accompagné a été organisé en 2010. À l'époque, un rapport synthétique d'évaluation avait été rendu public via le site internet du Centre de Crise National. Ce rapport fixait quatre axes spécifiques comme orientation au travail de tous les acteurs du Plan national d'urgence nucléaire pour le futur: - l'alerte et l'information de la population; - le rôle des communes en situation d'urgence nucléaire; - les flux d'informations entre autorités et cellules de crise; - la formation des services d'intervention et la description claire de leurs missions. Les objectifs fixés en 2014 et les premières évaluations qui ont déjà été transmises témoignent le souci de suivre ces axes et peaufiner les actions destinées à les développer. Le but est d'améliorer les plans et procédures d'urgence, afin de renforcer la protection et garantir une information optimale de la population concernée. b) I. Alerte et information de la population Des points d'attention spécifiques ont été identifiés: - la procédure d'alerte de la population; - l'audibilité des sirènes; - la rédaction de messages-types préétabli destinés à être diffusés rapidement à la population; - ou encore la coordination des communicateurs. Les différentes autorités concernées ont collaboré régulièrement ces dernières années. Le Centre de crise a lancé en mars 2014 le projet pilote BE-ALERT, pour une modernisation des canaux d'alerte de la population via le téléphone fixe ou mobile, les médias sociaux, les courriels ou encore les fax. Le Service fédéral auprès du Gouverneur du Hainaut a été formé à son utilisation et a testé le système lors de l'exercice IRE du 4 décembre 2014 pour l'alerte des services locaux. Le réseau des sirènes d'alerte, placées autour des sites nucléaires, a été adapté ces dernières années afin d'être plus efficace: - renforcement du réseau de couverture des sirènes électroniques: 5 nouvelles installations (2 à Heppignies et 3 à Montigny le Tileuil). La zone de l'IRE est maintenant couverte par un réseau de 38 sirènes; - deux installations supplémentaire sont en attente de permis (à Fleurus et Roselies); - l'entretien du parc des sirènes dans cette zone consiste en cinq interventions annuelles (généralement le remplacement des batteries). Le gouverneur du Hainaut a testé l'alerte médiatique, via le système Crisis Alert, à l'occasion de l'exercice IRE 2014: grâce à un formulaire et des messages urgents pré-rédigés, la première alerte et l'information de la population peuvent se faire de manière rapide et optimale. Depuis janvier 2014, le Centre de crise dispose d'un nouvel accord avec la société IPG. Cet accord permet d' ouvrir dans l'heure un numéro d'information à la population. Cette infrastructure de contact-center de crise peut être mise à la disposition de toute autorité concernée par une situation d'urgence. Son activation a également pu être testée lors de cet exercice IRE 2014. Les communicateurs de la Ville de Fleurus, de la Commune de Farciennes, du Gouverneur du Hainaut, du Centre de crise national et de l'IRE se sont régulièrement rencontrés afin de coordonner leurs procédures de communication de crise. II. Le rôle des communes en situation d'urgence nucléaire L'exercice de 2010 a mis en évidence le rôle essentiel des communes en situation d'urgence nucléaire, tant en matière de protection, qu'en matière d'information de la population. Ce rôle a pu être précisé au fil de nombreuses rencontres et concertations. Lors de l'exercice IRE 2014, les Bourgmestres de la Ville de Fleurus et de la Commune de Farciennes se sont réunis, avec leurs collaborateurs et disciplines, au sein d'une Cellule unique de crise, organisé au niveau communal. III. Les flux d'informations entre autorités et cellules de crise Identifiés, lors des précédents exercices, comme essentiels pendant une situation d'urgence, la gestion de l'information et des flux d'informations entre autorités et cellules de crise ont pu être optimisés grâce à différents outils techniques ainsi qu'une actualisation des procédures internes: - La présence en cellule de gestion fédérale d'un officier de liaison issu du niveau provincial; - La division des zones d'intervention en différentes couronnes et blocs (projet ZIN) a été réalisée pour l'IRE et testée dans le cadre de l'exercice. Cela ouvre la voie à une meilleure compréhension entre les interlocuteurs aux niveaux fédéral et local et une meilleure coordination par rapport à la mise en oeuvre des actions de protection de la population sur le terrain. En préparation à l'exercice: - un table top a réuni les différents acteurs aux niveaux fédéral et local pour faire le bilan des différents schémas de réaction en cas de situation d'urgence à l'IRE Fleurus; - les procédures d'alerte des différents acteurs, des différents niveaux, ont été actualisées et testées lors de quatre exercices d'alerte. IV. La formation des services d'intervention et la description claire de leurs missions: - Un groupe de travail a défini les missions légales des différents services d'intervention pour les disciplines 1, 3 et 4, dans quatre hypothèses d'exposition, avec une attention particulière pour l'équipement de protection des intervenants. - Des schémas opérationnels ont été élaborés pour les intervenants en définissant les seuils d'alerte pour les dosimètres en fonction du type d'interventions à effectuer. À cet égard, un workshop à l'attention des différentes disciplines a été organisé. 3. Voir 2 b). 4. i. Le 28 novembre 2014, le Centre de crise national a diffusé un communiqué de presse et a publié un article spécifique relatif à cet exercice sur son site Web . Il a relayé cette information via les médias sociaux Facebook et Twitter. La Ville de Fleurus et de la Commune de Farciennes ont également relayé l'information sur leur propre site et le communiqué a été diffusé auprès des journalistes locaux et régionaux. ii. L'information a également été donnée lors de la réunion du Comité des riverains de l'IRE en date du 2 décembre 2014. iii. Les services fédéraux du gouverneur ont par ailleurs relayé l'information vers les médias locaux.

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